Notre manifeste
1 — Un média et une maison d’édition engagé·es
La Déferlante est à la fois une revue féministe, un média numérique et une maison d’édition fondées et dirigées par des femmes. Sur tous nos supports, nous donnons la parole aux femmes et aux personnes LGBTQIA+, et rendons visibles leurs vécus et leurs combats. Nous avons comme devise « Le média des révolutions féministes » pour incarner la diversité des luttes.
Le féminisme est loin de constituer une grande famille unie, et nous nous en réjouissons : une pensée en mouvement est une pensée vivante. Mais sa diffusion peut aussi faire l’objet de détournements. Nous affirmons ainsi une frontière nette entre les luttes féministes dans lesquelles nous nous ancrons, et les discours fémo- et homonationalistes qui instrumentalisent la question du féminisme.
Dans l’analyse des débats qui traversent aujourd’hui les différents courants féministes, nous ne prétendons pas être neutres : La Déferlante prend parti. Nous refusons l’idée que tous les points de vue se valent. Nous nous opposons à toute tentative de neutralisation du débat qui mettrait sur un pied d’égalité les féministes et les personnes LGBTQIA+ luttant pour leurs droits d’une part, et les masculinistes cherchant à annihiler ces groupes, d’autre part.
Rendre les savoirs accessibles est essentiel dans notre engagement : La Déferlante se veut une boîte à outils pour interroger les grandes questions de société au prisme du genre.
Parce que le genre est un rapport de pouvoir omniprésent, nous nous attachons à en déconstruire les mécanismes, à en révéler les rouages et les impacts.
2 — Un projet collectif
La Déferlante est au carrefour des idées féministes, un espace où s’exprime le bouillonnement intellectuel et militant de l’ère #MeToo.
Élaborée en collaboration avec un comité éditorial réunissant chercheur·euses, activistes et journalistes, portée quotidiennement par une équipe qui n’a cessé de grandir en cinq ans, elle fait dialoguer des voix issues de courants intellectuels et militants variés : de la tradition matérialiste à la pensée queer, de la critique de l’« universalisme républicain » aux perspectives ouvertes par les réflexions décoloniales et antiracistes.
3 — Une pluralité de voix, une pluralité de luttes
Les femmes subissent des inégalités structurelles, que nous analysons dans une approche intersectionnelle, en croisant les dynamiques de classe, de genre et de race.
Comprendre les luttes et les revendications sociales actuelles implique d’articuler ces oppressions. Placer l’intersectionnalité au cœur de notre projet éditorial, c’est aussi affirmer que celles et ceux qui les vivent sont les mieux placé·es pour en témoigner et les penser. Nous privilégions les points de vue situés tout en respectant la déontologie journalistique.
Cette perspective implique que le féminisme fait lien, de manière substantielle, avec d’autres luttes : celles qui visent une égale répartition des ressources socio-économiques, bien sûr, mais aussi les combats antiracistes, écologistes, antivalidistes, pour les droits des enfants et anti-âgistes. À la fascisation dont les différents symptômes s’accentuent – masculinisme, racisme, climatonégationnisme, eugénisme, colonialisme, brutalisation des débats, répression politique… –, il s’agit d’opposer dans sa globalité l’idéal d’une société juste, d’un projet collectif où les vulnérabilités et les droits des individus sont pleinement conscientisés.
4 — Un média indépendant
La Déferlante a été conçue comme un média capable de se financer grâce à ses lectrices et lecteurs : c’est, selon nous, la meilleure manière de garantir sa pérennité et une totale indépendance éditoriale. Ainsi, il n’y a pas de publicité dans nos pages.
Les actionnaires entré·es dans le capital de notre média en 2023, ainsi que les donateur·ices qui soutiennent le projet n’interviennent pas dans la ligne définie dès l’origine du média ni dans nos choix éditoriaux.
5 — Une diversité de formats
À travers notre newsletter hebdomadaire, notre revue trimestrielle, notre site internet, nos livres et nos évènements, nous offrons à nos lecteur·ices une diversité de formats pour saisir la complexité et le foisonnement du monde. Récits, débats, reportages, entretiens, bande dessinée, portfolio : nous mobilisons tous les outils à notre disposition pour raconter les luttes féministes et LGBTQIA+, d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs.
6 — Une réflexion politique sur l’iconographie
Conscientes de l’impact des représentations mises en circulation dans l’espace public, nous faisons en sorte de ne pas reconduire une iconographie de la domination. Sans réponse toute faite, dans un échange constant avec d’autres professionnel·les, nous tentons d’élaborer, dans leur complexité, des pistes pour une iconographie féministe source d’émancipation.
7 — L’usage de l’écriture inclusive
La Déferlante adopte une écriture inclusive qui dépasse l’usage du point médian : dans nos pages, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, et nous appliquons notamment l’accord de proximité.
Pour diffuser ces principes, nous donnons libre accès à l’intégralité de la charte orthotypographique que nous avons adoptée sur tous nos supports.
* Par « genre », nous entendons les rôles assignés socialement en fonction du sexe (masculin ou féminin) et la hiérarchie induite par cette assignation (le masculin l’emportant sur le féminin).
** Le terme de « race » ne renvoie pas ici à une distinction biologique mais à une construction sociale et à un rapport de pouvoir aux effets réels sur la vie des personnes racisées.
