Pick me

L’expression « pick me » désigne des femmes qui cher­che­raient à se « faire choisir », c’est-à-dire à attirer l’attention des hommes en dénigrant les com­por­te­ments consi­dé­rés comme féminins et en par­ta­geant avec eux des activités et loisirs tra­di­tion­nel­le­ment pratiqués par des hommes. Utilisée sur les réseaux sociaux dès 2006, l’expression se popu­la­rise à partir de 2016 dans les com­mu­nau­tés afro-étasuniennes, notamment sur Twitter, pour désigner les femmes adhérant au discours misogyne qui valorise le fait d’être une épouse tra­di­tion­nelle. C’est dans les années 2020, une fois repris par des personnes blanches, que l’acception du terme se modifie. Il acquiert alors sa défi­ni­tion actuelle, et connaît un regain de popu­la­ri­té sur le réseau social TikTok, où de nom­breuses personnes postent des vidéos pour se moquer du com­por­te­ment des « pick me ».

Selon une enquête publiée en 2022 par la revue Alphabet de l’université indo­né­sienne Brawijaya, l’expression est symp­to­ma­tique d’une misogynie inté­rio­ri­sée. Son uti­li­sa­tion est consi­dé­rée comme sexiste par de nom­breuses fémi­nistes : le com­por­te­ment des femmes est réduit à la recherche de l’approbation masculine et à leur volonté de séduction. Dans La Déferlante (no 20, novembre 2025), la jour­na­liste Maya Elboudrari porte une autre analyse et cite un post Instagram de l’autrice Valérie Rey-Robert au sujet de l’émission Love Is Blind sur Netflix, dont certaines par­ti­ci­pantes ont été qua­li­fiées de « pick me ». Selon elle, ces femmes « savent de quoi [les hommes] sont capables et elles espèrent, en se mettant sous la pro­tec­tion de certains, éviter la violence d’autres ». Maya Elboudrari constate l’impasse : « Elles sont à la fois parties prenantes de la violence patriar­cale et premières victimes de cette misogynie intériorisée. »


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